Enfant difficile? Pas toujours : Comprendre les troubles du comportement alimentaire restrictifs ou évitants (TCARÉ)

Nouvelle catégorie de trouble alimentaire reconnue : enfin des outils pour comprendre les enfants qui limitent leur apport nutritionnel pour des motifs inhabituels

Nouvelle catégorie de trouble alimentaire reconnue : enfin des outils pour comprendre les enfants qui limitent leur apport nutritionnel pour des motifs inhabituels

Thomas a toujours été un peu anxieux. L’an dernier, après un épisode particulièrement violent de gastroentérite, son niveau d’anxiété a encore monté, notamment quand il était question de nourriture. Le moment des repas est devenu un véritable combat. Souvent, il refuse de manger ce qu’il y a dans son assiette, et sa boîte à lunch revient pleine. Mais quand on lui demande pourquoi il ne mange pas, Thomas ne dit pas qu’il veut rester mince ou perdre du poids : il a plutôt peur de retomber malade.

Emma a la texture de certains aliments en aversion, en plus d’avoir un appétit d’oiseau. Bien qu’elle mange parfois de très petites portions de son repas, elle a commencé à éviter tous les aliments verts. Maintenant, elle évite aussi tout ce qui est rouge et orange. De plus, Emma a parfois des problèmes de digestion. Tout cela représente un réel défi pour sa mère qui doit se débattre avec sa fille à l’heure des repas pour s’assurer qu’elle a tous les nutriments dont elle a besoin pour grandir. Emma a 10 ans, mais elle a l’air beaucoup plus jeune en raison de son poids insuffisant.

Thomas et Emma présentent différents symptômes qui pointent vers une nouvelle catégorie de trouble alimentaire appelé « Troubles du comportement alimentaire restrictifs ou évitants » (TCARÉ). Cette reconnaissance donne enfin aux médecins les outils nécessaires pour comprendre les enfants qui restreignent leur apport nutritionnel sans toutefois être aux prises avec un trouble alimentaire « classique » comme l’anorexie ou la boulimie.   

Comprendre les TCARÉ

Comprendre les TCARÉ

« Généralement, on peut poser un diagnostic de TCARÉ chez des patients plus jeunes, et les TCARÉ touchent les garçons et les filles de manière plus égale que les autres troubles alimentaires », explique la Dre Holly Agostino, spécialiste des troubles alimentaires à l’Hôpital de Montréal pour enfants. « Souvent, ces enfants, de nature anxieuse au départ, se mettent à avoir peur de manger après avoir été victimes d’une grave gastro ou s’être étouffés. Ils arrêtent de manger de peur que les symptômes réapparaissent. C’est le début d’un cycle qui peut être très difficile à briser. Les patients qui souffrent d’un TCARÉ ne limitent pas leur apport nutritionnel parce qu’ils veulent être plus minces, mais ils vivent la même phobie face à la nourriture et les mêmes complications médicales que ceux qui le font pour cette raison », explique-t-elle.

  • Les patients ayant un TCARÉ ont des habitudes alimentaires désordonnées qui se caractérisent par :
  • Un manque d’intérêt pour la nourriture ou un faible appétit
  • Une phobie des conséquences négatives liées à l’alimentation (p. ex., vomissement, étouffement, réaction allergique)
  • Des caprices à table ou une alimentation sélective de longue date (p. ex., éviter les aliments de certaines couleurs ou textures) qui affectent leur croissance et leur développement

Puisque leur apport nutritionnel n’est pas suffisant, les enfants qui ont un TCARÉ perdent du poids, ou n’en gagnent pas et ne grandissent pas comme prévu. « Cette situation est particulièrement dangereuse, souligne la Dre Agostino. Quand un enfant a un poids insuffisant, les effets sur son organisme peuvent être graves. La malnutrition affecte le cœur ainsi que le potentiel de croissance et la solidité des os de l’enfant. En l’absence de traitement, les enfants les plus jeunes peuvent voir leur puberté retardée et même manquer la fenêtre de leur poussée de croissance pubertaire. »

Reconnaître les signes

Reconnaître les signes

Pour reconnaître les signes de TCARÉ chez les enfants, la Dre Agostino explique que les parents doivent surveiller le poids et la croissance de leur enfant. « Les enfants peuvent être plus difficiles par moment, et c’est normal, explique-t-elle. Mais s’ils perdent du poids, il faut alors examiner la situation de plus près et les faire voir par un médecin. De même, il n’est pas normal que le poids reste inchangé pendant l’enfance et l’adolescence; alors si la balance ne bouge pas, ça devrait vous alerter. »

La façon dont un enfant se comporte devant la nourriture dans différentes situations peut aussi être un indice d’un problème plus grave. « Si les comportements restrictifs sont de plus en plus enracinés à la maison et qu’ils se transportent à l’école et dans les activités avec les amis, vous avez là une autre indication que le problème est sérieux », ajoute la Dre Agostino. 

Bénéficier d’un traitement

Bénéficier d’un traitement

Puisque les TCARÉ peuvent avoir de graves conséquences sur la santé, la Dre Agostino explique qu’il est important de voir un professionnel de la santé si des comportements alimentaires désordonnés ou restrictifs apparaissent. « On traite les TCARÉ sensiblement de la même façon que les autres troubles alimentaires chez les enfants », signale-t-elle, ajoutant qu’une équipe de professionnels de la santé cherchera d’abord à stabiliser le patient sur le plan médical. « Habituellement, nous proposons une thérapie familiale, qui exige une participation et une détermination actives des parents qui, avec l’aide d’un thérapeute, doivent reprendre le plein contrôle sur la préparation et la supervision des repas. Bien qu’elle exige une détermination considérable, c’est cette forme de thérapie qui a permis d’obtenir les meilleurs résultats auprès des adolescents aux prises avec des troubles alimentaires restrictifs. »

« Il y a probablement bien plus d’enfants aux prises avec des TCARÉ que ceux que nous voyons dans les hôpitaux; étiquetés comme des mangeurs difficiles, ils ont besoin de l’aide de spécialistes pour prendre en charge leurs problèmes physiques et psychologiques résultant de leur comportement alimentaire restrictif », souligne la Dre Agostino. En définissant une catégorie de troubles alimentaires propre aux TCARÉ, on peut espérer dépister un plus grand nombre de ces patients et les diriger rapidement vers les professionnels concernés pour leur offrir l’aide dont ils ont besoin.  

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Patient

Troubles alimentaires

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