De la salle d’opération au circuit Gilles Villeneuve

Imaginez pendant toute une fin de semaine des voitures qui roulent en circuit fermé à une vitesse moyenne frôlant les 250 km/h entourés d’une foule de plus de 300 000 spectateurs. Les risques d’accident causant des blessures graves sont énormes, et c’est pourquoi la présence d’une équipe médicale multidisciplinaire est essentielle.
 
À chaque été depuis 1993, Pierre Fiset, chef du service d’anesthésie de L’hôpital de Montréal pour enfants, fait partie de l’équipe médicale qui suit le Grand Prix de Montréal. Il est l’un des responsables de cette équipe de bénévoles.
 
Anesthésistes, inhalothérapeutes, infirmières et médecins travaillent de concert avec les ambulanciers, pompiers et experts en décarcération, tous prêts à intervenir en cas d’accident. Des équipes médicales spécialisées sont installées dans des voitures à des endroits stratégiques du circuit, afin d'intervenir sur le lieu d’un accident dans les plus brefs délais.
 
On retrouve sur le site un hôpital avec tout l'équipement nécessaire à la réanimation et une salle d'opération totalement fonctionnelle. En cas de blessures graves, un hélicoptère fait la liaison entre le circuit et l’hôpital du Sacré-Cœur en 7 minutes.
 
« L’organisation doit exceller, dit le Dr Fiset; on doit travailler en équipe, car on a tous besoin les uns des autres pour accomplir notre tâche. »
 
Heureusement, l’équipe passe plus de temps à attendre sous le soleil. « Mais quand il arrive quelque chose, l’adrénaline grimpe et on n’arrête pas. Parfois, la course n’est même pas interrompue pendant l’intervention, ce qui ajoute du stress. »
 
Dr Fiset a vu plusieurs accidents, le plus grave étant celui d’Olivier Panis en 1997, qui s’était alors cassé les deux jambes. « Autrement, on porte parfois secours à des spectateurs qui perdent connaissance parce qu’ils sont déshydratés à cause du soleil, ou parce qu’ils ont trop bu. »