Travailler au rythme du cœur : le perfusionniste Christos Calaritis partage sa passion pour son travail

- Christine Zeindler
 
« Chaque jour apporte ses surprises », déclare Christos Calaritis, perfusionniste à L’Hôpital de Montréal pour enfants (L’HME) du Centre universitaire de santé McGill (CUSM). C’est peut-être ses 12 années d’expérience à L’HME ou ses années de sports de compétition qui lui permettent de tenir le rythme. Ou, plus probable, son amour du travail. Qu’il assiste à des opérations complexes ou qu'il passe de longues heures à surveiller l’équipement qui maintient des patients en vie, Christos a toujours une attitude positive et enjouée.
 
« Je ne considère pas que c’est un travail; c’est plus que ça, c’est une vocation. Je trouve mon travail très enrichissant et je tire une énorme satisfaction à prendre soin des patients qui sont atteints d’une maladie cardiaque ou pulmonaire. C’est mon métier. » 
 
Perfusion : maintenir l’apport d’oxygène
 
À L’HME, un perfusionniste a trois tâches principales. La première consiste à faire fonctionner l’appareil cœur-poumon qui remplace artificiellement les fonctions cardiaques ou pulmonaires d’un enfant pendant une opération à cœur ouvert. L’appareil pompe le sang oxygéné à travers le corps.
 
Sa seconde tâche consiste à participer activement au programme d’ECMO (oxygénation par membrane extracorporelle) de L’HME. « Ce programme offre un soutien aux nourrissons et aux petits patients plus âgés qui ont des problèmes pulmonaires ou cardiaques et qui sont incapables de fournir suffisamment de sang et d’oxygène à leur corps », explique Christos. Durant la procédure d’ECMO, le sang est envoyé à l’extérieur du corps vers un poumon artificiel (oxygénateur) où il est alimenté en oxygène; la circulation se fait à l’aide d’une pompe externe, ce qui permet de donner un répit au cœur ou aux poumons. Le système est semblable à l’appareil cœur-poumon artificiel utilisé durant une chirurgie à cœur ouvert. L’HME est le seul centre provincial spécialisé en ECMO en cas de détresse respiratoire néonatale, et il reçoit des patients de toute la province.
 
Enfin, les perfusionnistes de L’HME sont aussi des spécialistes d’autres appareils de maintien des fonctions vitales, comme les dispositifs d’assistance ventriculaire (DAV). Ces dispositifs, comme le cœur de Berlin, sont des cœurs artificiels qui maintiennent les patients en vie en attendant une transplantation cardiaque.
 
Notre récompense : les patients
 
« Les bébés ne sont pas nécessairement de petits adultes, précise Christos. Nos patients peuvent aussi bien peser 3 kg que 100 kg, de sorte que nous devons toujours rester vigilants quand nous les soignons. S’occuper de patients si diversifiés est un défi additionnel qui me plaît et qui me garde engagé. »
 
« Voir un patient se rétablir est ce qui rend mon travail si enrichissant. La résilience des enfants est tout à fait renversante. » Christos se souvient d’un patient né avec une anomalie cardiaque qui s’est retrouvé quelques années plus tard à l’unité de soins intensifs avec un cœur défaillant. Le patient a été relié à un cœur de Berlin pendant 109 jours avant de subir une transplantation cardiaque. « Sa dernière opération date d’il y a dix ans, et le patient vient encore me voir. Ce sont des réussites comme celle-ci qui nous aident à avancer. Les gens n’ont pas idée du nombre d’heures, de jours et de semaines que nous devons investir pour avoir d’aussi bons résultats. »
 
Christos est aussi très impressionné par l’optimiste des enfants. Il s’occupe présentement de Vincent Lambert, un jeune homme qui attend une transplantation cardiaque depuis septembre 2011. « Même si ces patients sont très malades, ils pensent encore aux autres et c’est un plaisir de les côtoyer. »
 
Un travail d’équipe
 
« Nous avons de la chance d’avoir une équipe médicale aussi formidable, ajoute Christos. C’est vraiment la meilleure. »
 
L’équipe a aussi de la chance de compter Christos dans ses rangs. À l’automne 2010, Christos a reçu le Prix du directeur général du CUSM en reconnaissance de son engagement envers l’hôpital, et six mois plus tard, il recevait le Prix d’excellence de L’Hôpital de Montréal pour enfants.
 
« Je travaille fort, et je le fais avec plaisir pour les patients », dit-il.