Une étude du CUSM et de l’Université McGill ouvre de nouvelles perspectives pour la compréhension du cancer

Comment faire le ménage dans nos cellules?

 
Montréal, 09 août 2007 - La compréhension détaillée des mécanismes de prolifération des cellules cancéreuses est indispensable dans la mise au point de traitements plus ciblés de la maladie. L’article publié dans le numéro du 3 août du journal « Molecular cell » par la Dre Morag Park, Directrice du groupe de recherche en oncologie moléculaire du CUSM, et le Dr Kalle Gehring, Directeur du laboratoire de RMN (Résonnance Magnétique Nucléaire) du département de biochimie de l’Université McGill, nous en livre une clé dont la valeur thérapeutique pourra s’avérer cruciale dans le futur.

« Pour comprendre le cancer, il faut d’abord savoir comment les molécules interagissent. Ici nous avons élucidé la structure de certaines protéines impliquées et de leurs liaisons, ce qui nous permet de comprendre les conséquences de leurs interactions», nous explique la Dre Park, qui est aussi Professeure d’oncologie et de biochimie à l’université McGill. Et la prouesse mérite d’être relevée, car cela implique de « voir » des éléments plus petits qu’un millionième de millimètre!...

A l’intérieur de la cellule, la fonction de l’ubiquitine est de « faire le ménage » : elle se fixe sur les protéines à détruire et provoque leur dégradation. Elle permet ainsi de réguler de façon très fine de nombreux mécanismes. Cette nouvelle étude révèle que l’ubiquitine permet également de favoriser les interactions entre protéines de la classe des ligases (littéralement « qui se lient »), appelées Cb-b. Chez un patient en bonne santé, Cb-b est activée par la fixation d’un facteur de croissance à la surface de la cellule, et a pour rôle d’atténuer les mécanismes de multiplication et de croissance cellulaire qu’il engendre. Chez certains patients atteints de cancer, au contraire : ce mécanisme d’atténuation semble ne plus fonctionner car l’ubiquitine ne se fixe pas correctement à la surface de la cellule et sur Cb-b. Ainsi les effets du facteur de croissance se font sentir de façon beaucoup plus importante, ce qui entraine une multiplication incontrôlée des cellules, qui peut dégénérer en cancer.

« A long terme, cela peut nous servir de base pour imaginer comment intervenir dans cette chaine de réaction, c’est-à dire trouver un traitement », ajoute le Dr Gehring. « La découverte de cette nouvelle fonction de l’ubiquitine est une avancée importante pour notre connaissance des mécanismes du cancer. Elle participe à la lutte contre la maladie en nous montrant dans quelle direction chercher de nouveaux médicaments ».

L’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) est un centre de recherche de réputation mondiale dans le domaine des sciences biomédicales et des soins de santé. Établi à Montréal, au Québec, il constitue la base de recherche du CUSM, centre hospitalier universitaire affilié à la Faculté de médecine de l’Université McGill. L’Institut compte plus de 500 chercheurs, près de 1 000 étudiants diplômés et postdoctoraux et plus de 300 laboratoires de recherche consacrés à un large éventail de domaines de recherche, fondamentale et clinique. L’Institut de recherche est à l’avant-garde des connaissances, de l’innovation et de la technologie. La recherche de l’Institut est étroitement liée aux programmes cliniques du CUSM, ce qui permet aux patients de bénéficier directement des connaissances scientifiques les plus avancées. Pour de plus amples renseignements, consulter l’adresse www.cusm.ca/research.

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