Urgences : hospitalisations réduites des asthmatiques traités rapidement avec des corticostéroïdes oraux peu après le triage dans les salles d’urgence

Une stratégie d’identification précoce dans les urgences s’impose pour identifier les cas prioritaires

MONTRÉAL, Canada, le 4 avril 2012
– Les enfants aux prises avec une crise d’asthme modérée ou grave traités aux corticostéroïdes systémiques dans les 75 minutes suivant le triage à la salle d’urgence ont 16 % moins de chances d’être hospitalisés. Ces résultats signalent l’importance d’adopter une stratégie permettant d’identifier et d’initier rapidement le traitement des enfants avec une crise modérée ou grave dès le triage. L’étude a été réalisée par une équipe de chercheurs du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine (CHU Sainte-Justine), de l’Université de Montréal, de l’Université McGill et de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR CUSM).
 
« On savait que les corticostéroïdes pouvaient contribuer à éviter l’hospitalisation et les rechutes. Une incertitude subsistait toutefois quant à l’impact du délai entre l’arrivée à la salle d’urgence et l’administration du traitement », explique Dre Sanjit K. Bhogal, auteure principale d’une étude parue dans Annals of Emergency Medicine et diplômée du Département d'épidémiologie, de biostatistiques et de santé au travail de l’Université McGill.
 
« Il ressort de notre étude que pour prévenir une hospitalisation, le traitement aux corticostéroïdes doit être administré dans les 75 minutes suivant le triage, peu importe l’âge du patient », poursuit Dre Francine Ducharme, l’auteur senior ayant supervisé l’étude lorsqu’elle était chercheure à McGill et à l’IR CUSM au sein de L’Hôpital de Montréal pour enfants.
 
« En fait, plus le traitement est donné tôt à l’intérieur de ce délai, plus il est efficace, d’où l’avantage d’initier le traitement dès le triage, renchérit Dre Ducharme, aujourd’hui pédiatre et chercheure au CHU Sainte-Justine. De plus, l’initiation précoce du traitement permet de réduire la durée de séjour de près de 45 minutes pour les patients qui recevront leur congé de l’urgence. »
 
Or, le défi est de s’assurer que la gravité de la crise d’asthme soit reconnue dès l’étape du triage afin d’initier le traitement immédiatement. En effet, il semble que les patients traités « trop tard » n’aient, pour la plupart, pas été jugés prioritaires au triage ou que le médecin n’ait pas pu les évaluer assez tôt. Le degré d’achalandage de l’urgence n’avait pas eu d’impact important sur le délai d’administration des corticostéroïdes.
 
« Au vu des résultats de l’étude, la nécessité d’implanter une stratégie pour que la gravité de l’état du patient puisse être identifiée et le traitement initié par l’infirmière dès que le patient se présente au triage nous est apparue évidente », explique Dre Ducharme, aussi épidémiologiste clinique au CHU Sainte-Justine, où les données de l’étude ont été compilées et analysées. Elle est également titulaire de la Chaire académique en recherche clinique et transfert de connaissances sur l’asthme pédiatrique du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine, ainsi que professeur titulaire à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.
 
C’est l’échelle de « PRAM » (Pediatric Respiratory Assessment Measure), développée par l’équipe de Dre Ducharme, qui a été utilisée pour identifier le degré de gravité de la crise d’asthme et pour initier rapidement le traitement selon la gravité tel que recommandé par les lignes directrices. «Au CHU Sainte-Justine, nous avons donc développé un module d’enseignement qui outillera les infirmières au triage, les médecins d’urgence et les inhalothérapeutes. Il leur permettra de mettre en œuvre des lignes directrices basées sur la sévérité de la crise et d’être en mesure d’éviter, autant que possible, l’hospitalisation des patients », a ajouté Dre Ducharme.
 
Le module d’enseignement sera disponible en ligne d’ici la fin de 2012 sur le site web de l’Université de Montréal. Il est attendu avec impatience par les institutions de santé en Ontario et en Alberta, ainsi que dans plusieurs institutions américaines qui ont décidé d’adopter le protocole de traitement proposé basé sur l’échelle de PRAM et désirent recevoir la formation. L’outil, directement issu de l’intégration de la recherche, de l’enseignement et des soins, permettra de transférer les connaissances acquises en recherche vers les salles d’urgence, pour en faire profiter directement le patient et sa famille à travers le monde.
 
À propos de l’étude :
 
L’article « Early Administration of Systemic Corticosteriods Reduces Hospital Admission Rates for Children With Moderate and Severe Asthma Exacerbation » a paru dans la version en ligne de la revue Annals of Emergency Medicine le 10 mars 2012. Les données ont été recueillies auprès de 406 enfants admissibles à l’étude à l’urgence de L’Hôpital de Montréal pour enfants du CUSM. Elles ont été compilées et analysées au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine. L’étude a été entièrement financée par l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR CUSM). Les deux établissements sont en partie soutenus par le Fonds de recherche du Québec – Santé (FRQS).
 
À propos de l’Université McGill
Fondée à Montréal, au Québec, en 1821, l’Université McGill se classe comme chef de file parmi les universités canadiennes. McGill compte deux campus, 11 facultés, 11 écoles professionnelles, 300 programmes d’études et au-delà de 36 000 étudiants, dont 8 300 aux cycles supérieurs. McGill accueille des étudiants originaires de plus de 150 pays, ses 7 200 étudiants étrangers représentant 20 pour cent de sa population étudiante. Près de la moitié des étudiants de McGill ont une langue maternelle autre que l’anglais, dont plus de 6 200 francophones.
 
L’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR CUSM) est un centre de recherche de réputation mondiale dans le domaine des sciences biomédicales et des soins de santé. La recherche est organisée selon onze axes. Établi à Montréal, au Québec, Canada, l'Institut est la base de recherche du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), centre hospitalier universitaire affilié à la Faculté de médecine de l’Université McGill. L’Institut compte plus de 600 chercheurs, 1 200 étudiants diplômés, postdoctoraux et associés consacrés à un large éventail de domaines de recherche fondamentale et clinique. Plus de 1 800 études cliniques sont menées dans nos hôpitaux chaque année. L’Institut de recherche du CUSM est soutenu en partie par le Fonds de recherche du Québec - Santé (FRQS). www.cusm.ca/research/

À propos du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine
 
Le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine est un établissement phare en recherche mère-enfant affilié à l’Université de Montréal. Il réunit une équipe de plus de 1200 personnes, dont plus de 200 chercheurs et 450 étudiants de cycles supérieurs qui font de la recherche fondamentale, clinique, translationnelle et évaluative en santé pédiatrique et maternelle. Axés sur la découverte de moyens de prévention innovants, de traitements moins intrusifs et plus rapides et d’avenues prometteuses de médecine personnalisée, ses travaux s’inscrivent sous les axes de recherche Avancement et devenir en santé, Maladies du cerveau, Maladies musculosquelettiques et sciences du mouvement, Maladies virales, immunitaires et cancers, Pathologies fœtomaternelles et néonatales et Santé métabolique. Le Centre est partie intégrante du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, le plus grand centre mère-enfant au Canada et le deuxième en importance en Amérique du Nord. Pour en savoir plus, visitez le www.chu-Sainte-Justine.org/recherche/

Entrevues et relations médias :
Flavie Côté
Conseillère principale, relations avec les médias
Université de Montréal
514.343.7704