Retour à la maison après une guérison miraculeuse

Maladie mystérieuse et insuffisance cardiaque soudaine : que le début

Le 10 mai, Charles Clayman a amené son fils de trois ans, Liam, au département d’urgence de l’Hôpital de Montréal pour enfants (HME). Liam vomissait depuis quelques jours et ses parents trouvaient que l’odeur empirait. On a déterminé qu’il souffrait d’une grave déshydratation et on l’a aussitôt conduit en salle de traumatologie de l’urgence, où il a fait un arrêt cardiaque. « Quand mon mari a appelé pour me dire ce qui se passait, j’ai crié si fort que j’ai réveillé mon autre fils », raconte Véronique Aglat, la maman de Liam. « J’ai filé à l’hôpital aussi vite que j’ai pu. »

Liam a été en arrêt cardiaque pendant plus de 30 minutes. Les membres de l’équipe de l’urgence se sont acharnés pour le réanimer, pompant son cœur et faisant tout ce qu’ils pouvaient pour le garder en vie. Quand Véronique est arrivée à l’hôpital, elle a appris que le cœur de son fils battait enfin de lui-même. « Quand je suis arrivée, j’ai couru au chevet de Liam et il m’a serré la main, raconte Véronique. Les médecins ont dit que c’était bon signe, et j’ai vraiment pensé que le pire était derrière nous. Mais ce n’était que le début. »      

Liam a ensuite été conduit à l’unité de soins intensifs pédiatriques (USIP) où le Dr Pramod Puligandla a expliqué aux parents que leur fils était très malade. Le Dr Puligandla avait deux théories pour expliquer l’arrêt cardiaque de leur fils, l’une étant ce qu’on appelle une « invagination », c’est-à-dire une partie du petit intestin qui se replie sur elle-même. Le Dr Puligandla a confirmé cette théorie au moyen d’une échographie, et informé les parents qu’il devait opérer Liam immédiatement. « Les médecins ont retiré quarante centimètres de son petit intestin, rapporte Véronique. Son état est resté précaire pendant les trois jours suivants. »

Malheureusement, pendant les manœuvres manuelles de réanimation cardiaque, les poumons de Liam ont été touchés. Il a aussi souffert d’un pneumothorax, quand un de ses poumons s’est affaissé en raison de l’air emprisonné entre les poumons et la cavité pulmonaire, provoquant une détresse respiratoire aiguë. Il a été mis sous oscillateur pour l’aider à respirer. « Rendus au milieu de la semaine, les médecins n’étaient pas sûrs qu’il survivrait, souligne Véronique. Il passait de l’état de conscience à l’inconscience. » La famille Aglat-Clayman a commencé à le veiller 24 heures sur 24. Véronique, Charles et la mère de Véronique s’assoyaient à ses côtés, lui tenaient la main, lui lisaient ses histoires préférées et lui parlaient sans arrêt. Véronique s’est mise à chanter The Sound of Silence et Hello Darling, des chansons qu’elle ne lui avait jamais chantées auparavant. Tous espéraient qu’il pouvait les entendre.

Une semaine plus tard, Liam a été transféré de l’ancien hôpital au nouvel HME sur le site Glen. L’épreuve a été stressante pour toute la famille, mais elle savait que Liam était entre bonnes mains. « Tout le personnel de l’USIP est si compétent, souligne Véronique. Et une fois rendu sur place, on m’a permis de tenir Liam dans mes bras pour la première fois en deux semaines. C’était merveilleux. » Une semaine après le transfert, Liam a dû subir une IRM pour déterminer s’il avait subi des dommages permanents au cerveau des suites de son long arrêt cardiaque. Miraculeusement, il n’en était rien!

Liam a perdu environ 50 % de ses habiletés motrices, mais il les a récupérées presque en totalité. Son côté gauche est resté plus faible, mais la physiothérapie a énormément aidé. Il travaille maintenant au niveau de son abdomen, et il commencera à voir une orthophoniste pour l’aider à corriger un léger défaut de prononciation qu’il a développé. « Ç’a été la pire expérience de nos vies, mais je suis profondément reconnaissante de tout ce que l’hôpital a fait pour nous et pour Liam, déclare Véronique. L’état de Liam est presque revenu à la normale, ce qui pour moi est un vrai miracle. » Et aujourd’hui, quand elle chante The Sound of Silence et Hello Darling, Liam fredonne aussitôt les quelques derniers mots.

« Après tout, je suppose qu’il entendait. »

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La semaine du 25 au 31 octobre marque la Semaine des soins intensifs au Canada. Merci au personnel de l’unité de soins intensifs pédiatriques et de l’unité de soins intensifs néonatals (USIN) qui sauve des vies jour après jour.